• … qui les fait cauchemarder !

    Par Bernard Langlois - 27 mars 2013

    Article du blog de Bernard Langlois, "invité" de du journal Politis

    http://www.politis.fr/Ce-Melenchon-rugueux,21490.html

    Le « parler cru, parler dru » de Jean-Luc Mélenchon écorche, paraît-il, quelques oreilles délicates. Les miennes ne le sont pas. Et je préfère ce langage rugueux à toutes les langues de bois ou de coton qui polluent la sphère politico-médiatique.

    Après tout, appeler un chat un chat et Moscovici un coquin ne relève que de l’évidence.

    Mélenchon affirme parler comme le peuple et pour le peuple. Donnons-en lui acte. Il en est issu, du peuple, et ne s’est pas donné que la peine de naître. Le respect qu’il a pour “les gens” (il aime bien dire “les gens”) a peu à voir avec la véhémence et le vocabulaire qu’il met dans ses discours : ça (qui du reste ne gêne pas “les gens” ) c’est pour se faire entendre des gourmés, choquer le bourgeois et avoir accès aux micros ; et ça

    marche dirait-on [1] .

    Non, le respect, c’est de faire ce que plus aucun autre [2] que lui n’ose : ne pas parler à son auditoire comme à un ramassis de demeurés qu’on gave d’“éléments de langage” fournis clés en mains par des “communicants” (cette engeance) ; au contraire, parler de choses graves, sérieuses, réputées incompréhensibles pour le “vulgum” ; et plus encore, nourrir son propos de références — historiques, politiques, littéraires, poétiques —, faire passer dans ses démonstrations de grands souffles qui décoiffent, un lyrisme qui fait ricaner les cyniques et les Importants, mais parle aux autres, les petits, les sans-grades, ses Grognards, ses Flambeau …

    Alors ses anciens camarades du « parti solférinien » (puisque voici adopté au PG, semble-t-il, ce qualificatif que je défends depuis longtemps, et qui permet de garder propre sur lui celui de socialiste), les autres crient au populisme, pardi [3] !

    « Méfie-toi, le peuple, disent-ils, cet homme est dangereux ! Ne vois-tu comme il crie, comme il apostrophe et s’agite ? Il va t’entraîner vers des précipices, ce mauvais berger … Reste avec nous, qui sommes la raison, l’équilibre, la douceur et savons ce qui est bon pour toi ! »Bien sûr, vous connaissez la fable : ce n’est point le bruyant Cochet qui menace les souriceaux que nous sommes.

    Mais bien le Chat, cet hypocrite.

      

    Notes

    [1] Avec une contrepartie : perdre trop de temps à s’expliquer sur la forme au détriment du fond : cet éco-socialisme, notamment, qui vaudrait qu’on s’y attarde.

    [2] J’exagère, il en est quelques-uns, Filoche par exemple. Quel dommage que ce dernier ne rejoigne pas le Front de Gauche !

    [3] Et pour faire bon poids, à l’antisémitisme, l’ignominie ordinaire des gens qui n’ont plus d’argument … Harlem, t’as pas honte !

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  • Jean-Luc Mélenchon : meeting de clôture du Congrès

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  • Communiqué du Front de gauche

    Le 27 mars 2013

    Le Front de gauche tient à s’élever avec indignation contre les accusations d’antisémitisme ayant visé Jean-Luc Mélenchon, ces derniers jours. Toutes ses composantes s’estiment gravement agressées par ces calomnies. Si le droit à la critique est une dimension indispensable du débat démocratique, il ne saurait en effet se confondre avec l’usage de qualifications volontairement infâmantes et diffamatoires.

    Ces attaques sont inqualifiables, lorsqu’elles viennent de personnalités de gauche sachant pertinemment que les organisations du Front de gauche sont de toutes les batailles contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie. Elles sont dangereuses, puisqu’elles participent d’une banalisation de l’antisémitisme, au moment où toute l’Europe se trouve précisément confrontée à la montée en puissance des idéologies de haine et d’exclusion. Elles sont scandaleuses, en ce qu’elles visent, en tentant de discréditer un mouvement ayant regroupé quatre millions de suffrages au premier tour de l’élection présidentielle, à rendre impossible tout débat au sein de la gauche sur la politique d’austérité conduite par le gouvernement.

    Le Front de gauche le réaffirme avec force : il ne se laissera ni intimider, ni diviser par de telles manœuvres. Il ne se laissera pas détourner de son objectif : proposer au pays une politique de gauche alternative à celle du gouvernement, à même de rassembler largement contre l’austérité qui dévaste aujourd’hui la France et toute l’Union européenne.

    Il va ainsi, dans les prochains jours, intensifier la campagne nationale qu’il a lancée, au mois de janvier, à Metz. Il mobilisera toutes ses forces aux côtés des salariés et de leurs organisations syndicales qui appellent la majorité des députés et des sénateurs à ne pas transcrire dans la loi l’accord qui précarise gravement le travail, tel qu’il a été imposé par le Medef. Il sera aux côtés des travailleurs qui se battent partout en France contre les plans de licenciements, les fermetures d’entreprises et les délocalisations. Il agira, en toute circonstance, en défense des salaires et des pensions, de l’emploi, des retraites, des services publics, des droits des citoyens, d’un mode de développement respectueux des équilibres écologiques. Il s’emploiera à développer un vaste mouvement de solidarité avec les peuples qui, tel celui de Chypre, font les frais des politiques au service de la finance, conduites sous l’égide de la « Troïka ».

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  •  par Martine Billard

     2013-03-22-congres-20130322_congrespg_0219

    Nous avons donc tenu notre 3ème congrès ce week-end à Bordeaux. C'était un moment important pour le Parti de Gauche car il témoignait d'un très net changement d'échelle. Avec maintenant plus de 12 000 adhérents, ayant subi l'épreuve du feu d'une élection présidentielle, notre parti s'est renforcé et se retrouve aujourd'hui avec des responsabilités bien plus importantes. Après un congrès de lancement à Limeil Brévannes début 2009, un au Mans en novembre 2010 pour préparer la séquence des élections présidentielles et législatives sous le signe de la « Révolution citoyenne », nous avons voulu dans celui-ci affirmer clairement que nous nous n'avions pas l'intention de nous contenter d'être un parti de témoignage et de protestation mais que nous posions la question du pouvoir. C'est le sens du titre de notre plate-forme politique, « Osons », adoptée à 95% des voix des délégués, et qui fixe notre feuille de route pour les 2 ans à venir. Cette affirmation, conjuguée avec notre volonté de ne rien lâcher, a été le fil conducteur de ce congrès tout au long des trois jours, jusqu’au meeting de clôture. L’intervention de Jean-Luc Mélenchon a réuni quelques 5 000 personnes dimanche matin, une première pour un meeting du Parti de gauche. Certains y voient là une escalade de notre part. Pour nous il ne s'agit que de responsabilité. Au moment où la crise en cours à Chypre montre plus que jamais que la finance fait tout pour faire payer la note aux peuples et sauver par contre les intérêts des oligarchies de tous les pays, il est indispensable qu'il existe une alternative à ces politiques libérales, qu'elles soient menées par des gouvernements issus des rangs de partis de droite ou de partis de la social-démocratie. Oui, il nous faut construire en France et partout en Europe, une alternative à gauche. Cela choque le PS ? Mais, au vu du désaveu de plus en plus important de jour en jour de toutes celles et ceux qui ont voté pour François Hollande pour virer Sarkozy et pour faire une politique économique et sociale différente, il serait irresponsable de notre part de ne pas construire cette alternative, car cela signifierait laisser la porte ouverte à la désespérance. Oui, il est possible de faire autrement et nous savons le faire. Et nous sommes bien décidés à le démontrer.

    Martine Billard,
    co-présidente du Parti de Gauche

     

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  • Les révélations d'un financier au journal LeMonde donnent une idée de la façon dont les riches malhonnêtes se jouent des règles qui s'appliquent aux citoyens lambda. La dernière citation, en fin d'article, laisse rêveur...

     

    Affaire Cahuzac : les pistes fournies aux enquêteurs par un banquier de Genève

    LE MONDE| 20.03.2013 à 11h04• Mis à jour le20.03.2013 à 11h47Par Agathe Duparc - Genève, correspondance

      

     

    Logo de la banque suisse UBS.Logo de la banque suisse UBS. | dapd/Sang Tan

     

    C'est un témoin privilégié de l'affaire Cahuzac qui a beaucoup de choses intéressantes à raconter. Ce banquier, établi à Genève, a été entendu à Annecy, le 13 février, par deux enquêteurs de la police judiciaire, spécialement venus de Paris.

    Fin spécialiste de la gestion de fortune privée, il a, durant quatre heures, aiguillé les policiers sur les différents schémas qui auraient pu permettre au ministre français délégué au budget d'ouvrir un compte non déclaré en Suisse sans que son nom n'apparaisse, puis de le transférer à Singapour.

    Acceptant de parler au Monde sous couvert d'anonymat, le financier reconnaît ne pas détenir "d'éléments de preuves sur ce compte". Mais il ajoute connaître la manière dont travaillait Hervé Dreyfus, le gestionnaire de fortune de Jérôme Cahuzac. "Il avait des réseaux politiques, à droite comme à gauche, avec parmi eux des hommes politiques, des chefs d'entreprise et des gens du show-business qui mettaient leur argent en Suisse. Ce serait une coïncidence extraordinaire qu'il ne se soit pas occupé de Cahuzac", confie-t-il.

    Interrogé par les enquêteurs, le banquier a d'abord identifié la voix d'Hervé Dreyfus dans le fameux enregistrement fourni à la justice par Michel Gonelle, ex-élu RPR du Lot-et-Garonne, reconnaissant "ses intonations de voix, son vocabulaire et ses tournures de phrases".

    M.DREYFUS, "PORTE-VALISES DE REYL"

    Le banquier genevois a ensuite mis les enquêteurs sur la piste de Reyl & Cie, une société de gestion d'actifs financiers pour le compte de clients privés, fondée en 1973 à Genève par Dominique Reyl, le demi-frère d'Hervé Dreyfus, et devenue une banque en 2010. "Hervé Dreyfus, outre ses activités en France au sein de la société Raymond James Asset Management International, était le porte-valises de Reyl à Paris. C'est lui qui livrait le cash et permettait ainsi un système de compensation."

    "Pendant longtemps, Reyl n'avait pas de licence bancaire, mais ouvrait dans différents établissements, dont UBS, des master accounts", explique le témoin. Ces "comptes maîtres", ouverts au seul nom de Reyl, permettaient de gérer sous une seule identité plusieurs sous-comptes de clients privés ainsi protégés ou dissimulés.

    "Dans ce cas, UBS n'avait pas dans ses livres le nom de Jérôme Cahuzac, d'autant plus si le compte du ministre avait été ouvert au nom d'une société ou d'un trust, une précaution supplémentaire pour masquer son identité", explique-t-il.

    FILIALE À SINGAPOUR

    Enfin, dernière hypothèse livrée aux enquêteurs français : un compte ouvert par l'intermédiaire d'une société d'assurance-vie luxembourgeoise, un schéma qui permet en effet de ne pas faire apparaître le nom de l'ayant-droit économique.

    Quant au probable transfert du compte de M. Cahuzac à Singapour, le banquier-témoin rappelle que "dès l'introduction, en 2005, d'une retenue à la source sur l'épargne des clients étrangers, la plupart des banques, dont Reyl, ont ouvert des filiales à Singapour pour y mettre à l'abri les dépôts. Et ce mouvement s'est poursuivi à mesure que le secret bancaire helvétique s'amenuisait".

    Selon le banquier genevois, la démission de Jérôme Cahuzac devrait provoquer de nombreuses turbulences. "Tout le monde doit trembler, car une bonne partie de la classe politique française, à droite comme à gauche, connaît très bien les bords du Léman."

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