• | Par Carine Fouteau

    Au moment où le gouvernement entend améliorer l’attractivité de la France à l’égard des travailleurs qualifiés et des étudiants étrangers, la publication des travaux de trois économistes sur les liens entre immigration et PIB tombe à point nommé. Mises en ligne par le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) et le Centre d’études et de recherches sur le développement international (Cerdi), leurs conclusions pourraient alimenter le débat prévu sur le même thème au Parlement et, en partie, le réorienter.

    La séance initialement programmée à l’Assemblée nationale le 16 avril a été reportée en raison des modifications d’agenda liées à l’examen du projet de loi sur le « mariage pour tous », celle au Sénat devrait avoir lieu le 24 avril. Ce qui laisse le temps, aux parlementaires et aux ministres concernés, de mouliner les nouvelles données.

    Dans un article intitulé « Immigration et croissance économique en France entre 1994 et 2008 » (à lire ici dans son intégralité), Hippolyte d’Albis, professeur à l’École d’économie de Paris et à Paris I, Ekrame Boubtane au Cerdi de l’Université d’Auvergne et Dramane Coulibaly au laboratoire EconomiX-CNRS de l’Université Paris-Ouest montrent que la venue d’immigrés, et notamment des femmes, a un effet « positif et significatif » sur le PIB par habitant et qu’inversement une croissance soutenue attire les immigrés.

    Évolution de la délivrance des titres de séjour d'au moins un an aux ressortissants de pays extra-communautairesÉvolution de la délivrance des titres de séjour d'au moins un an aux ressortissants de pays extra-communautaires

    La méthode adoptée est économétrique au sens où, purement statistique, elle consiste à évaluer quantitativement la relation entre immigration et croissance sans a priori ni hypothèses théoriques. Elle ne cherche pas à valider un scénario, elle est sans arrière-pensées politiques, elle se contente de mesurer l’interaction de séries de chiffres.

    Trois types de données administratives sont utilisées : le PIB par habitant, le taux de chômage et le taux de migration (obtenu en divisant le nombre de premiers titres de séjour d’une durée de validité d’au moins un an par le nombre de résidents en France métropolitaine). Leur caractéristique est d’être exhaustives (elles ne sont pas issues d’un échantillon) et évolutives (mensuelles, elles couvrent une période allant de 1994 à 2008). Ne sont prises en compte que les arrivées d’étrangers de pays tiers à l’UE, les ressortissants européens ayant accès au marché du travail sans autorisation. Les travailleurs temporaires et les personnes en situation irrégulière sont exclus du champ de l’étude.

    La simulation révèle que « l’élasticité du PIB par habitant par rapport au taux de migration est de 0,017 ». Autrement dit qu’une augmentation de 1 % du taux de migration a pour conséquence d’accroître la richesse par personne et par an (évalué à 30 143 euros en 2008) d’environ 5 euros, soit une hausse du PIB total de 318,4 millions d’euros, compte tenu que la même année la population en France métropolitaine avoisinait 62,1 millions.

    À titre d’indication, le taux de migration observé en 2008 a été de 0,25 %, 160 000 titres de séjour ayant été délivrés. Autre remarque : la hausse du PIB par tête signifie que la contribution de la population immigrante est supérieure à la contribution moyenne.

    Répugnant à mettre en vis-à-vis des chiffres et des personnes, Hippolyte d’Albis, qui a reçu en 2012 le prix du meilleur jeune économiste pour ses travaux d’économie démographique, souligne que les tendances importent plus que les traductions en euros. « Contrairement à une idée parfois commune (…), écrivent les économistes, la plupart des études empiriques ne permettent pas de conclure à un effet négatif de l’immigration sur l’économie du pays d’accueil. L’étude du cas de la France entre 1994 et 2008 va au-delà. Bien que la majorité des bénéficiaires de titres de séjour de plus d’un an soit venue pour raisons familiales, les immigrés en provenance de pays tiers ont significativement contribué à la croissance du PIB par habitant. Ils ont donc participé à l’amélioration des conditions de vie moyennes des autochtones. »

    «Les femmes immigrées contribuent deux fois plus»

    Les résultats sont dépliés par catégorie d’immigration (travail, famille, études, etc.). De manière contre-intuitive, la réaction de la croissance à l’immigration familiale, principalement composée de femmes rejoignant leur mari français ou étranger, est la plus nette. Pourquoi ? Le modèle ne renseigne pas sur les raisons. Mais Hippolyte d’Albis avance une hypothèse plausible : « Nos résultats montrent que les femmes venues en France pour rejoindre leur époux contribuent beaucoup et très positivement. Cela prouve que ces femmes travaillent le plus souvent et qu’en travaillant, elles permettent à d’autres personnes de travailler. Par exemple, elles sont très présentes dans les métiers de garde d’enfant. Ce faisant, elles libèrent le temps des parents qui restaient auparavant à la maison au profit d’emplois qualifiés. Leur travail a un effet multiplicateur. On pourrait dire qu’elles contribuent deux fois. »

     

     

    Les entrées par motifs d'immigrationLes entrées par motifs d'immigration

     

     

    Plusieurs interprétations coexistent pour expliquer la corrélation entre immigration et enrichissement. Dans une économie complexe, la complémentarité des compétences est déterminante. « Les migrants avec leur passé, leur volonté, leurs différences sont un plus », indique Hippolyte d’Albis, en se référant à des travaux évaluant l’effet de la diversité des origines des migrants sur la compétitivité des pays d’accueil. Comme n’importe quel individu, les migrants sont eux-mêmes des consommateurs : ils achètent de quoi se nourrir, se vêtir, se divertir. En raison de leur relativement jeune âge, ils viennent compenser (en partie seulement) le vieillissement démographique. Actifs, ils arrivent en général dans la force de l’âge et, de ce fait, coûtent moins cher à la collectivité que les personnes âgées et les enfants. Prêts à l’emploi, ils n’ont pas occasionné de dépenses en matière de formation. Employés le plus souvent à des niveaux inférieurs à leurs qualifications, ils peuvent, en termes macroéconomiques, être considérés comme particulièrement “rentables”. Et ce d’autant plus qu’ils sont présents dans des secteurs en plein boom comme les services à la personne et dans des secteurs délaissés par les “nationaux”, comme l’agriculture ou le bâtiment.

    Alors qu’un élu comme Thierry Mariani, vice-président de l’UMP, plaide en faveur de la baisse des allocations familiales pour les étrangers récemment installés en France, l'étude des trois économistes permet de lutter contre d’insistantes idées reçues. Non seulement les immigrés participent à l’enrichissement du pays et de ses habitants, mais en plus ils ne prennent pas le travail des autres, car, selon les résultats, l’immigration n'a pas d'impact sur le chômage.

    Ces travaux apportent par ailleurs un démenti à ceux qui minimisent le travail des femmes dans le cadre de l’immigration familiale et qui perpétuent le préjugé selon lequel ces familles seraient un poids. Ils soulignent enfin que les migrants sont attirés par les destinations en développement économique. Sans savoir distinguer les effets d’une politique de délivrance de titres de séjour plus favorable en période de croissance d’une hausse de l’intérêt des migrants, les auteurs en concluent à « une certaine pro-cyclicité entre la migration et les performances macroéconomiques ». Un cercle vertueux résumé en une phrase : la croissance favorise les migrations qui elles-mêmes contribuent à la croissance.

    De cet article, les parlementaires et le gouvernement pourraient, en vue du débat et du projet de loi, retenir deux idées : pour assurer la complémentarité des compétences, l’ouverture ne doit pas se limiter aux seuls « talents », c’est-à-dire aux salariés hautement qualifiés ; quant à l’immigration familiale, sans doute y aurait-il un sens à intégrer dans les discussions la question du travail des femmes immigrées, dans la mesure où celles-ci contribuent, semble-t-il plus que d’autres, à la richesse nationale.

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  • Marine Le Pen, qui se prétend la défenseure des ouvriers et des sans-grades, a pour ami de fort longue date (c'est elle qui le reconnait - voir plus bas) un curieux personnage : l'avocat Philippe Péninque, l'homme qui a ouvert le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac.

     

    L'auto-proclamée Madame "anti-système" a ainsi confié (Caroline Monnot et Abel Mestre dans leur livre Le Système Le Pen) la restructuration financière de son parti à cet homme dont la spécialité est, selon la propre définition de l'intéressé, "les relations financières internationales", c'est-à-dire que dans le meilleur des cas, il fait de "l'optimisation fiscale", et dans le pire qu'il aide ses clients à pratiquer l'évasion fiscale, comme en ouvrant un compte en Suisse pour Jérôme Cahuzac.

    Pour Madame Proprette, "c'est un acte complètement anodin. Un de mes amis avocats a ouvert, il y a vingt-cinq ans – quand j'étais en licence de droit – un compte à l'étranger pour le compte de son client. Ouvrir un compte à l'étranger est complètement légal, c'est de ne pas déclarer les fonds qui est illégal", a ainsi affirmé au Monde Mme Le Pen (cf. LeMonde.fr du 4/4/2013).

    Pour la pasionaria en peau de lapin des classes populaires, il est donc "complètement anodin" d'ouvrir un compte dans un paradis fiscal !

    Elle ne saurait mieux avouer son appartenance à l'oligarchie que nous dénonçons, qui commet ses turpitudes en toute bonne conscience et à l'insu du "bas peuple" à qui ils veulent faire croire, parce qu'ils s'expriment bien poliment et qu'ils sont bien habillés, qu'ils sont au-dessus de tout soupçon.

    Quand on se prétend "anti-système", on ne trouve pas "anodines" les pratiques liées à l'évasion d'argent vers les paradis fiscaux.

    La réaction de Marine Le Pen prouve, s'il en était besoin, qu'elle et ses amis sont comme des poissons dans l'eau (trouble) de ce "système"  dominant qui tolère, voire favorise, le détournement massif de la richesse produite par tous (l'évasion fiscale est estimée pour l'Europe à 1000 milliards d'euros chaque année, et entre 30 et 50 milliards pour la France seule !) au profit d'une caste prédatrice qui vit grassement dans l'impunité.

    Mais que propose Marine Le Pen pour lutter contre l'évasion fiscale ?

    Il suffit de se rendre sur le site officiel du FN pour le savoir, au chapitre de la "simplification du système fiscal" : " De plus, nous procéderons à l’annulation des conventions fiscales avec tous les paradis fiscaux".

    Vous avez bien lu ! Elle veut supprimer les conventions fiscales avec TOUS LES PARADIS FISCAUX ! Parmi elles, celle passée avec la Suisse, et qui a permis de confondre Jérôme Cahuzac ...

    Avec Marine Le Pen, les éléments qui ont pu apporter la preuve des mensonges du ministre n'auraient pu être transmis à la Justice française, et Cahuzac serait encore au gouvernement, sans être plus inquiété.

    Avec Madame "anti-système", le système de l'évasion fiscale a de beaux jours devant lui...

    Mais pour Madame Proprette, il vaut mieux "une République immorale" que "pas de République du tout" (citée par Le Monde.fr du 4/4/2013) : il est donc à craindre qu'avec elle, qui va danser à Vienne avec les fascistes et les néo-nazis européens (Le Monde.fr du 28/1/2012), et des amis du genre de Philippe Péninque,  il n'y ait dans son "projet" pour les français, ni République, ni morale.

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