• Le Front de gauche est en piteux état, mais il est la Gauche !

    Sur le blog l'étang moderne

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    C’est un chemin de ronces et de pierres qu’il nous est donné d’arpenter depuis la création de notre Front de Gauche. Le Parti Socialiste est un parti social-démocrate depuis 1920, il faudrait tout de même qu’un certain nombre de commentateurs télévisuels trouvent le temps de mettre leurs fiches à jours en évitant de répéter en boucle que le nouveau plan ultra-libéral de François Hollande constitue un tournant social-démocrate. L’affaire est bien plus grave que cela. La politique choisie par le Président de la République est une politique libérale assumée ! C’est un élément nouveau et fondateur.

    Ainsi, si les pisse-copie de l’info en continue faisaient le simple effort qui consiste pour un journaliste à commencer à exposer les faits, ils expliqueraient le ralliement objectif de François Hollande à la doxa libérale.

    Et pas n’importe laquelle, la plus violente, la plus imbécile. Ils rappelleraient utilement d’où vient cette « politique de l’offre » née et théorisée au Etats unis sous la Présidence de Reagan, elle relève du degré zéro de la volonté de partage, de justice sociale, de bien-être.

    Imbécile dogme qui recherche la croissance comme une potion magique et qui enseigne que la seule façon de la trouver est de supprimer le plus possible toutes les cotisations salariales et patronales qui sont vécues comme un frein au développement de la dite croissance.

    C’est exactement ce que nous a professé le Président Hollande dans son numéro d’hier après midi.

    George Gilder est un des penseurs de cette théorie de l’art de la guerre aux pauvres, dans un ouvrage au titre évocateur de « richesse et pauvreté », il écrit « les politiques sociales constituent l'obstacle principal à la croissance économique. […]L'aide aux chômeurs, aux divorcés, aux déviants et aux prodigues ne peut que les inciter à se multiplier et constitue une menace pour la société ».

    C’est cette voie sur laquelle le Président Hollande engage le pays, en fragilisant les ressources de la politique familiale, pilier de notre République sociale, il porte un coup décisif à l’histoire commune des progressistes de ce pays.

    Si les commentateurs faisaient leur métiers, a partir des faits, du réel, des mots même du Président et de ce qu’ils veulent dire, alors ils pourraient poser les vraies questions qui dorénavant se posent.

    Quelle majorité le gouvernement a pour mettre en œuvre cette politique de malheur ?

    Le débat ainsi posé dans le pays deviendrait alors tout autre et mettrait en évidence l’ampleur du véritable coup de force opéré par les hollandais sur la gauche de ce pays ! Il n’y a pas, à l’évidence, de majorité à l’Assemblée Nationale pour ce grand bond en arrière que souhaite nous imposer ces désorientés de la Gauche.

    Les amis de Martine Aubry qui ont théorisé et repris à leur compte la politique du CARE ne peuvent décemment soutenir la politique qui enseigne l’absolument inverse.

    Les amis D’Arnaud Montebourg qui militent pour un état volontaire et garant de règles communes ne peuvent accepter l’idée folle de la création d’un observatoire indépendant qui vérifierait les contreparties hypothétiques que le patronat voudrait bien concéder en échange des 35 milliards de cadeaux. C’est l’autre face de la politique de l’offre qui va plus loin que les penseurs libéraux classiques en organisant la disparition du rôle de l’Etat en lui retirant -y compris- les compétences régaliennes. Pour ces gens-là, même Adam Smith est un gauchiste dangereux !

    Que dire de la gauche du PS, ni Filoche ni Guedj, ni Maurel, ni Lienemann, ni même Emmanuelli ne peuvent d'avantage, un instant porter le moindre crédit à ce genre de régression historique. Tous ceux-là connaissent par cœur et mieux que moi que le « coût du travail » ne représente même pas 25% du coût de la production. L’allègement du « coût du travail de 35 milliards » est une mesure forcement sans effet parce que rapporté au 700 milliards d’euros versés par les entreprises, ce n’est rien qu’une goutte d’eau jetée dans les poches des actionnaires pour reconstituer leur marge !

    Cette imbécile politique ne peut pas plus satisfaire les écologistes qui savent mieux que personne que ces politiques de l’offre qui recherchent la croissance pour la croissance ont pour premier effet d’inonder la vie de produits tous aussi toxiques qu’inutiles … produire, produire, produire, pourvu que quelqu’un achète à New York ou au Qatar… les autres crèveront de leur bas salaire !

     Bien sûr, il n’y a pas de majorité pour mettre en œuvre cette politique et pour autant, ils baisseront tous les yeux, Hollande leur a dit c’est à prendre ou à laisser, pas de débat, pas de discussion pas d’amendement, le gouvernement organisera un vote bloqué sur cette orientation. Ils ne prennent pas leur responsabilité, ils capitulent, ils renoncent ! Ce n’est pas parce qu’ils seraient des traitres ou des renégats, des imbéciles ou des vendus, c’est parce que le Front De Gauche n’est pas assez fort, asses unis, assez cohérent pour leur transmettre le courage qu’ils n’ont pas !

    Il ne faut pas avoir la main qui tremble écrivait Jean-Luc Mélenchon dans sa dernière note de blog et il a raison, le moment où nous pourrions tous disparaitre dans la grande confusion organisée peut surgir d’un rendez-vous manqué ! Oui les ronces et les pierres s’accumulent sur de notre longue marche mais nous n’avons plus le choix, le moment est venu d’être la gauche, toute la gauche, et de donner un cours nouveau au Front de Gauche !

    C’est parce-que nous refusons maintenant cette politique, dans la rue, dans les urnes qu’il nous faut envoyer le bon signal, notre Front de Gauche n’est pas le rassemblement incohérent de ceux qui condamnent la politique du gouvernement à l’assemblée ou à la télé, et qui s’unissent dans les communes, les départements et les régions, pour un bout de table, pour un cornet de frites avec ceux-là mêmes qui la soutiennent à Paris !

    Ne pas mettre fin à cette confusion, c’est se condamner à ne jamais reconstituer la dynamique majoritaire qui permettra la mise e n place d’une politique au service de l’humain et non des marges financières !

    Je veux être encore plus clair, il n’existe qu’une seule façon de rendre le courage à ceux qui l’ont perdu, c’est de faire la démonstration que nous ne nous comportons pas comme eux !

    Mon Parti, doit se hisser à la hauteur du moment, c’est d’un véritable big-bang dont les militants progressistes ont besoin, bien sûr, comme souvent, en militant acharné de l’unité mon camarade Eric coquerel a raison d’arriver à la réunion dite « au sommet » du Front de Gauche avec des propositions concrétes pour sauver ce qu’il y a à sauver du Front de Gauche, mais l’essentiel n’est plus là, c’est bel et bien l’idéal de toute la gauche qu’il s’agit de relever !

    Que votre main ne tremble pas !

    brecht

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