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    Front de Gauche

    (Parti Communiste, Parti de Gauche, ENSEMBLE !) 

    Aquitaine – Limousin – Poitou Charentes 

     

     

    Lundi 14 septembre 2015,

     

    A l’attention d’Europe-Ecologie- Les Verts

     

    Région Aquitaine – Limousin – Poitou Charentes

     

     

     

    Chers amis,

     

    Les élections régionales de décembre 2015 vont se tenir dans un contexte économique et social extrêmement dégradé et préoccupant. Le discrédit de la politique Hollande-Valls, déclinée par le parti socialiste dans l’ensemble des régions, fait le lit de la droite et de l’extrême droite. Comme partout en Europe, la doctrine libérale est à l'oeuvre au service des intérêts de la fnance. La crise climatique et écologique s'amplife sans que les gouvernements prennent la mesure de l'urgence qu'il y a à agir. Cela rend plus que jamais nécessaire de construire un projet politique en rupture avec les logiques libérales mises en oeuvre dans le pays.

     

    Nous pensons que ces élections régionales doivent donc être une nouvelle étape du rassemblement d'une gauche qui combat l’austérité et veut construire une véritable alternative politique pour engager la transition écologique et répondre aux besoins sociaux de nos concitoyens. L’enjeu est d’autant plus important que ces élections se dérouleront dans le cadre d’une « réforme » territoriale imposée sans concertation qui va accentuer les logiques de métropolisation et de concurrence entre les territoires, entre les salariés, au service de la guerre économique, au détriment des plus défavorisés.

     

    Dans ce contexte, nous appelons de nos voeux le rassemblement le plus large possible des forces politiques opposées à la politique gouvernementale et engagées dans des démarches citoyennes. Déjà dans un certain nombre de régions, des discussions sont engagées, et des accords FDG-EELV sont en passe d'être conclus. Cette dynamique est positive et nous souhaitons l'amplifer. Afn de peser pour affrmer une voie alternative, une seule solution : nous rassembler !"

     

    C'est pourquoi nous faisons la proposition d'une rencontre entre le FdG et EELV à l'échelle de la future grande région.

     

    Fraternelles salutations,

     

    Pour le Front de Gauche,

     

    Sebastien Laborde PCF

     

    Laurence Pache PG

     

    Stéphane Lajaumont Ensemble !

     

     

     

     

     

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  • Samedi 12 Septembre 2015

    Corinne Morel Darleux, Secrétaire nationale au développement de l'écosocialisme à l'international et Sylvain Savier, militant du PG à Londres

    Corbyn speaking at the People’s Assembly Demonstration in 2014
    Crédit photo David Holt

    Le Parti de Gauche salue la victoire de Jeremy Corbyn qui vient d’être élu à la tête du Labour dès le premier tour avec 59,5% des voix..

    Jeremy Corbyn a créé la surprise avec une apparition fracassante dans les sondages il y a quelques semaines. Beaucoup d’observateurs pensaient alors qu’il ne parviendrait pas à réunir les 35 nominations au sein du Labour requises pour chaque candidat-e.

    Sa victoire est un sérieux revers pour les libéraux du Labour. Elle permet aux travaillistes britanniques de reprendre un peu des couleurs perdues dans vingt années de "troisième voie" blairiste. Voilà un nouveau signal significatif de la déroute de la sociale-démocratie. Après la Grèce et l’Espagne, les citoyens sont de plus en plus conscients de la dérive libérale et austéritaire de ces partis et se tournent de plus en plus vers celles et ceux qui incarnent la résistance à l’austérité.

    Or Jeremy Corbyn n’a jamais varié sur ses positions, contrairement à son parti. Militant de gauche chevronné et constant défenseur des causes anti-guerre, de défense des droits palestiniens et contre l’austérité, Jeremy Corbyn a été de tous nos combats, comme à la manifestation à Londres le 26 juin dernier ou lors du rassemblement en solidarité avec le peuple grec le 30 juin aux côtés de Ken Loach.

    Et c’est sans doute cette constance dans l’engagement qui lui vaut le soutien des réseaux syndicaux et associatifs. Tout comme l’ascension de Syriza s’était inscrite dans une dynamique populaire et citoyenne, Jeremy Corbyn a lui aussi reçu l’appui d’Unite, le plus grand syndicat britannique.

    Cette victoire est un pied de nez aux éditocrates. Elle s’est imposée malgré les attaques virulentes des libéraux et des médias qui les relayent comme The Economist qui a utilisé pour parler de Jeremy Corbyn un ton méprisant, insistant sur sa barbe et ses chemises mal repassées, le traitant de "note de bas de page devenue gros titre", caricaturant son programme jusqu’à asséner des contre-vérités. D’ores et déjà épaulé par un adjoint aguerri dans la bataille contre les rédactions de Rupert Murdoch, Jeremy Corbyn saura faire entendre une autre musique que celle de l’idéologie extrémiste libérale.

    Les observateurs attentifs auront noté, eux, que les meetings de Jeremy Corbyn débordaient de monde, des jeunes notamment. Il est la preuve qu’il existe une forte attente sur les questions de redistribution des richesses, de services publics, de justice sociale, de renationalisation de certains secteurs comme les chemins de fer qui sont une catastrophe depuis leur privatisation, mais aussi sur la sortie de l’Otan et de l’emprise des États-Unis. Des thèmes qui ne sont pas neufs, beaucoup étaient par exemple dans une des motions historiques du Labour en 1918, supprimée par… Tony Blair ! Des thèmes traditionnels de la gauche socialiste, que les partis dits "socialistes" ont depuis largement abandonnés et qui reviennent face à la faillite du système actuel. Des thèmes et valeurs que Jeremy Corbyn a su incarner.

    Contrairement aux socio-libéraux, Jeremy Corbyn s’assume et se revendique socialiste. Symptôme d’un mal-être, d’une attente de davantage de justice sociale, son élection nous rappelle aussi que la nouveauté ne tient pas à la jeunesse du candidat mais au renouveau des valeurs fondamentales de la gauche, celles d’égalité, de solidarité, de partage.

    Nous adressons tout notre soutien et nos souhaits de succès à Jeremy Corbyn.

     


     

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  • |  Par Les invités de Mediapart  

    Le Français Jean-Luc Mélenchon, l'Italien Stefano Fassina, les Grecs Zoe Konstantopoulou et Yanis Varoufakis, et l'Allemand Oskar Lafontaine s'associent et proposent « la tenue d'un sommet international pour un plan B en Europe, ouvert aux citoyens volontaires, organisations et intellectuels. Cette conférence pourrait avoir lieu dès Novembre 2015. Nous lancerons ce processus samedi 12 Septembre lors de la Fête de l'Humanité ».


    Le 13 juillet, le gouvernement grec démocratiquement élu d’Alexis Tsipras a été mis à genoux par l’Union européenne. « L’accord » du 13 juillet est en réalité un coup d’Etat. Il a été obtenu par la fermeture des banques grecques par la Banque centrale européenne (BCE) et la menace de ne pas les autoriser à rouvrir tant que le gouvernement grec n’accepterait pas une nouvelle version d’un programme qui a échoué. Pourquoi ? Parce que l'Europe officielle ne pouvait pas supporter l'idée qu’un peuple souffrant de son programme d'austérité autodestructrice ait osé élire un gouvernement déterminé à dire « Non ! ».

    Désormais, avec davantage d’austérité, davantage de privatisations au rabais d’actifs publics, une politique économique plus irrationnelle que jamais, et la misanthropie en guise de politique sociale, le nouveau mémorandum ne sert qu'à aggraver la Grande Dépression grecque et le pillage de la Grèce par des intérêts particuliers, grecs ou non.

    Tirons les leçons de ce coup d’Etat financier. Cet euro est devenu l’instrument de la domination économique et politique de l’oligarchie européenne, cachée derrière le gouvernement allemand et qui se réjouit de voir Mme Merkel faire tout le « sale boulot » que les autres gouvernements sont incapables de faire. Cette Europe ne produit que des violences dans les nations et entre elles : chômage de masse, dumping social féroce, insultes attribuées aux dirigeants allemands contre l’Europe du Sud et répétées par toutes les « élites » y compris celles de ces pays. L’Union européenne alimente la montée de l’extrême-droite et est devenue un moyen d’annuler le contrôle démocratique sur la production et la distribution des richesses dans toute l'Europe.

    Affirmer que l’euro et l’Union européenne servent les Européens et les protègent contre la crise est un mensonge dangereux. C’est une illusion de croire que les intérêts de l’Europe peuvent être protégés dans le cadre de la prison des règles de la zone euro et des traités actuels. La méthode Hollande-Renzi du « bon élève », en réalité du prisonnier modèle, est une forme de capitulation qui n’obtiendra même pas la clémence. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker l’a dit clairement : « il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens ». C’est l’adaptation néolibérale de la « souveraineté limitée » inventée par le dirigeant soviétique Brejnev en 1968. A l’époque, les soviétiques écrasaient le Printemps de Prague par les tanks. Cet été, l’Union européenne a écrasé le Printemps d’Athènes par les banques.

    Nous sommes déterminés à rompre avec cette Europe. C’est la condition pour reconstruire des coopérations entre nos peuples et nos pays sur une base nouvelle. Comment mener une politique de partage des richesses et de création d’emplois notamment pour les jeunes, de transition écologique et de refondation démocratique face à cette Union européenne ?Nous devons échapper à l’inanité et l’inhumanité des traités européens et les refonder afin d’enlever la camisole de force du néolibéralisme, abroger le traité budgétaire, refuser le traité de libre-échange avec les Etats-Unis (TTIP).

    La période est extraordinaire. Nous faisons face à une urgence. Les Etats-membres doivent avoir l'espace politique qui permet à leurs démocraties de respirer et d’instaurer des politiques adaptées au niveau national, sans craindre d’être empêchés par un Eurogroupe autoritaire dominé par les intérêts du plus fort des Etats-membres et du  monde des affaires, ni par une BCE utilisée comme un rouleau compresseur menaçant d’écraser tout "pays non coopératif" comme ce fut le cas avec Chypre ou la Grèce.

    C’est notre plan A : travailler dans chacun de nos pays, et ensemble à travers l’Europe, à une renégociation complète des traités européens. Nous nous engageons à collaborer avec la lutte des Européens partout, dans une campagne de désobéissance aux pratiques européennes arbitraires et aux règles irrationnelles jusqu'à ce que la renégociation aboutisse.

    Notre première tâche est de mettre fin à l’irresponsabilité de l’Eurogroupe. La seconde tâche est d’en finir avec le caractère prétendument « indépendant » et « apolitique » de la Banque centrale alors qu’elle est hautement politisée (de la façon la plus toxique), totalement dépendante de banquiers en faillite et de leurs agents politiques, et prête à mettre fin à la démocratie sur une simple pression de bouton.

    La majorité des gouvernements représentant l’oligarchie européenne et se cachant derrière Berlin et Francfort, ont aussi un plan A : ne pas céder à la demande de démocratie des citoyens européens et utiliser la brutalité pour mettre fin à leur résistance. Nous l’avons vu en Grèce en juillet. Pourquoi ont-ils réussi à étrangler le gouvernement démocratiquement élu de la Grèce ? Parce qu'ils avaient aussi un plan B : éjecter la Grèce de la zone euro dans les pires conditions possibles en détruisant son système bancaire et en achevant son économie.

    Face à ce chantage, nous avons besoin de notre propre plan B pour dissuader le plan B des forces les plus réactionnaires et anti-démocratiques de l’Europe. Pour renforcer notre position face à leur engagement brutal pour des politiques qui sacrifient la majorité au profit des intérêts d'une infime minorité. Mais aussi pour réaffirmer le principe simple que l'Europe n’est rien d’autre que les Européens et que les monnaies sont des outils pour soutenir une prospérité partagée, et non des instruments de torture ou des armes pour assassiner la démocratie. Si l'euro ne peut pas être démocratisé, s’ils persistent à l’utiliser pour étrangler les peuples, nous nous lèverons, nous les regarderons dans les yeux et nous leur dirons : « Essayez un peu, pour voir ! Vos menaces ne nous effraient pas. Nous trouverons un moyen d'assurer aux Européens un système monétaire qui fonctionne avec eux, et non à leurs dépens ».

    Notre plan A pour une Europe démocratique, soutenu par un plan B qui montre que les pouvoirs en place ne peuvent pas nous terroriser dans la soumission, vise à faire appel à la majorité des Européens. Cela exige un haut niveau de préparation. Les éléments techniques seront enrichis par le débat. Beaucoup d'idées sont déjà sur la table : l'introduction de systèmes parallèles de paiement, les monnaies parallèles, la numérisation des transactions en euros pour contourner le manque de liquidités, les systèmes d'échange complémentaires autour d’une communauté, la sortie de l'euro et la transformation de l'euro en monnaie commune.

    Aucune nation européenne ne peut avancer vers sa libération dans l'isolement. Notre vision est internationaliste. En prévision de ce qui peut se passer en Espagne, en Irlande, pourquoi pas de nouveau en Grèce selon l’évolution de la situation politique, et en France en 2017, il faut travailler concrètement ensemble à un plan B tenant compte des caractéristiques de chaque pays.

    Nous proposons donc la tenue d'un sommet international pour un plan B en Europe, ouvert aux citoyens volontaires, organisations et intellectuels. Cette conférence pourrait avoir lieu dès novembre 2015. Nous lancerons ce processus samedi 12 septembre lors de la Fête de l'Humanité. Rejoignez-nous !

    Les signataires :

    Jean-Luc Mélenchon, député européen, co-fondateur du Parti de Gauche (France)

    Stefano Fassina, député, ancien vice-ministre de l’Economie et des Finances (Italie)

    Zoe Konstantopoulou, présidente du Parlement hellénique (Grèce)

    Oskar Lafontaine, ancien ministre des Finances, co-fondateur de Die Linke (Allemagne)

    Yanis Varoufakis, député, ancien ministre des Finances (Grèce)

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  • Samedi 5 Septembre 2015

    Danielle Simonnet, Éric Coquerel et Nolwenn Neveu

    Alors que des dizaines de milliers de réfugiés fuient l’oppression et la misère pour rejoindre, au péril de leur vie, les pays de l’Union Européenne, ils n’y trouvent que l’indifférence des pouvoirs publics et le déni de leurs droits. Il aura fallu attendre que des milliers d’entre eux meurent en mer en tentant rejoindre nos côtes et que l’image du corps sans vie d’un enfant de réfugié déclenche une indignation sans précédent pour que le gouvernement français décille et se mettent, mollement en mouvement.
    Nous dénonçons l’hypocrisie du gouvernement français qui a préféré, avec ses partenaires européens abandonner le dispositif de sauvetage en mer Mare Nostrum pour celui de simple surveillance, Triton en divisant par 3 les budgets au passage.

    Un collectif de citoyen-e-s appelle ce samedi 17h à un rassemblement place de la République à Paris. Eric Coquerel et Danielle Simmonet, ainsi que les militants du Parti de gauche, engagés depuis des mois déjà auprès des migrants, seront présent aux côtés des citoyens pour manifester leur solidarité avec les réfugié-e-s et rappeler au gouvernement sa responsablité.


    C’est sur ses propres bases que le Parti de Gauche appelle à ce rassemblement, et en cohérence avec les positions qu’il a déjà pris à plusieurs reprises ces dernières semaines. Le Parti de Gauche rappelle en effet que ça n’est pas en bloquant l’arrivée des réfugiés que l’UE répondra aux drames toujours plus nombreux de l’immigration. Il faudrait bien plutôt agir sur ses causes, afin de permettre aux femmes et aux hommes de vivre dans leur pays d’origine sans mettre leur vie en danger. Le Parti de Gauche rappelle également que l’accueil d’un million de réfugiés sur le sol européen ne poserait aucun problème si les pays européens appliquaient réellement le droit d’asile et les obligations humanitaires élémentaires.

    - See more at: https://www.lepartidegauche.fr/communique/solidarite-avec-les-refugies-le-parti-gauche-cotes-des-citoyens-33251#sthash.gdb0NODY.dpuf

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  • Sur Le grand soir

    Par Maxime VIVAS

     

    Le dimanche 30 août 2015 de 9 h à 10h15, un des ateliers du Remue-méninges du Parti de gauche réunissait à l’Université Jean Jaurès de Toulouse, devant un public nombreux, Danièle Simonnet, responsable nationale du PG et ex-candidate à la mairie de Paris, Sara Serrano, représentante de la Tuerka (télé de Podemos) Frédéric Lemaire d’Acrimed et d’Attac et moi-même pour Le Grand Soir.

    Le thème était : Médias vs médias.
    Vous lirez ci-dessous un texte qui ne reproduit pas fidèlement ce que j’ai dit. En effet, une grand partie a été dite et non lue et, de plus, le temps nous a manqué. J’ai donc informé les participants que je publierai sur LGS ce que j’ai dit, plus ce que j’avais prévu de dire.

    Après m’être présenté (ma-vie-mon-oeuvre), j’ai présenté LGS.

    Le Grand Soir

    LGS existe depuis 2002. J’en suis un des administrateurs depuis 2008. A ce jour, LGS a publié 21 000 articles de 1 700 auteurs du monde entier et 66 000 commentaires de lecteurs. La publication sur le site est modérée (contrôlée a priori). Nous avons un nombre de lecteurs/uniques qui varie entre 10 000 et 15 000 environ par jour, 350 000 à 500 000 lecteurs par mois, auxquels il faut ajouter les lectures sur d’autres sites qui reprennent nos articles, plus Tweeter et Facebook et parfois les médias classiques (Arte...).

    La ligne éditoriale du GS est simple : on ne tape pas sur les individus, associations, pays en état de Résistance. De résistance à la pensée unique, à ses armées médiatiques, à ses armées tout court.

    Cela signifie que, en principe, vous ne verrez pas en une du GS un article contre les syndicats, contre les partis de gauche (j’ai dit de gauche et je me comprends), contre les pays qui luttent pour leur indépendance (Cuba, le Venezuela, la Bolivie, etc.), contre Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent ou Olivier Besancenot, Tsipras, Maduro, Raul Castro (qui a cessé d’être un dictateur dans nos médias depuis qu’Obama lui faisant des risettes, il convient de l’appeler désormais « le président Raul Castro »).

    Cela ne signifie pas que tous ceux que je viens de citer n’ont que des qualités, mais leurs défauts nous sont servis cent fois par tous les médias dominants et, par conséquent, vous les connaissez assez bien sans venir nous lire.

    Nous appuyons plus sur les points communs que sur les divisions de la gauche et pour ma part, je rêve d’un grand rassemblement autour d’un projet commun. J’ai assisté au Venezuela à la naissance du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela), fait de l’union de 24 partis.

    Le slogan du GS est : «  Informer n’est pas une liberté pour la presse mais un devoir ».

    L’enfumage de l’attaque du Thalys

    Permettez que je commence en regardant avec vous comment les médias unanimes ont rendu compte de l’attaque dans le TGV Thalys, le vendredi 21 août. Le soir même, nous avons appris qu’un forcené avait été mis hors d’état de nuire par deux soldats américains qui avaient reconnu (des vrais pros), à travers la porte des toilettes, le cliquetis caractéristique d’une kalachnikov qu’on arme.

    En parallèle de l’héroïsme de deux éléments de l’armée US, nous avons dû déplorer l’incompétence de la SNCF, la lâcheté de son personnel et ... la mise en danger d’un artiste précieux.

    Attendez-vous à savoir que les deux héros américains du vendredi 21 août étaient 6 et pas tous américains. Il y avait :
    -  Damien X, un Français de 28 ans qui veut garder l’anonymat (premier intervenant, il tenta de désarmer l’assaillant alors que celui-ci sortait des toilettes). 
    -  Mark Moogalian, un franco-américain, professeur d’anglais à la Sorbonne, blessé par balle après avoir arraché la kalachnikov des mains du forcené. Depuis son lit d’hôpital, il est sorti du silence hier pour protester contre la version des faits selon laquelle il était un passager blessé par une balle perdue alors qu’en vérité le forcené lui a délibérément tiré dessus au pistolet.
    -  Alek Skarlatos, soldat US,
    -  Spencer Stone, soldat US (blessé à coups de cutter),
    - Anthony Sadler, étudiant américain et ami de Stone et Skarlatos,
    -  Chris Norman, passager britannique qui est aussi intervenu.
    Les 3 Etats-uniens et le britannique ont été illico décorés de la Légion d’honneur par F. Hollande. Ça urgeait !

    La prétendue lâcheté des agents de la SNCF a été sur-médiatisée grâce à Jean-Hugues Anglade, un acteur qui avait confondu le personnel féminin du bar-restaurant en fuite (comme lui) avec des contrôleurs SNCF.

    Or, deux agents de la SNCF sont également intervenus : le chef de bord Michel Bruet a éloigné d’un coup de pied l’une des armes du forcené (il était donc au coeur de l’action, loin de J-H Anglade) et Eric Tanty, conducteur du Thalys, qui a aidé à maîtriser le tireur (et pas en restant assis dans sa cabine). 

    Lu sur le site de la SNCF (http://www.sncf.com/fr/presse/fil-info/fusillade-thalys-pepy-5974632) : « La France récompensera ses propres ressortissants, a déclaré François Hollande, lors de la cérémonie de remise de Légion d’honneur à Stone Spencer, Alek Skarlatos, Anthony Sadler et Chris Norman. Le président de la République a aussi rendu hommage aux Français dont deux agents SNCF. Ces derniers recevront également la Légion d’honneur pour avoir contribué à éviter la catastrophe à bord du Thalys Amsterdam-Paris, le vendredi 21 août ».

    Pourquoi recevront et non pas : ont reçu  ? En dernière minute, on apprend qu’ils «  devraient également être décorés dans les mois qui viennent ».

    Dans les mois qui viennent...

    Par quel mystère l’annonce initiale ne parla-t-elle que de « l’héroïsme de deux soldats américains » ? Le drame s’est produit en un espace clos, devant des dizaines de témoins, on pouvait savoir aussitôt.

    Fallait-il que dans la France au gouvernement et aux médias atlantistes, on glorifie à tout prix les USA, même au prix de la désinformation et du dénigrement de nos ressortissants ?

    Voulez-vous faire le pari que, même si on cerne à présent d’assez près ce qui s’est passé, votre entourage persistera pendant des mois ou des années, voire toujours (et de bonne foi) à répéter la version première, celle qui est fausse ?

    Faisons ce constat : quand la presse désinforme, c’est toujours en faveur de la même idéologie, en faveur des mêmes et contre les mêmes.

    Parlons à présent des médias en général. Mais clarifions le sujet qui nous réunit.

    Quand je dis « les médias », il faut entendre : « les médias dominants », ceux qui « font l’opinion ». On va distinguer :

    A - Les banquiers et industriels qui investissent dans la presse alors que c’est l’industrie la moins rentable. Mais, ceux qui paient l’orchestre choisissent la musique (voyons Bolloré avec les Guignols. Voyons comment Mathieu Gallet a expédié Daniel Mermet). Ceux qui possèdent l’orchestre sont propriétaires des musiciens ; ils choisissent les lieux, les heures, la fréquence des concerts et la puissance des baffles. Ce sont nos adversaires.

    Une Ordonnance du Conseil National de la Résistance (CNR) voulait assurer, dès la libération du territoire, la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères. Cette Ordonnance a été modifiée, ce qu’il en reste est bafouée .

    Presse nationale, les principaux propriétaires de journaux :

    Le Figaro Dassault (Aviation, armement)
    le Monde Niel (Free), Pigasse (Banque)
    Libération Rothschild, puis Patrick Drahi (un richissime franco-israélien)
    Aujourd’hui en France Amaury (Médias)
    Le Nouvel Observateur Bergé–Niel–Pigasse et Groupe Perdriel
    Le Point Pinault (Luxe,commerce)
    Les Echos Arnault (LVMH)
    Marianne, Yves de Chaisemartin, Maurice Szafran
    L’Express encore Patrick Drahi
    Challenges Claude Perdriel (Médias)
    Valeurs Actuelles Pierre Fabre (Pharmacie), Dassault (Groupe Valmonde).

    L’Etat au secours des adversaires de l’Etat

    Ce qui est ahurissant est que ces journaux, qui s’offusquent du « Tout Etat », de « l’Etat-providence », du « coût des fonctionnaires », de l’absence de goût des Français pour le risque entrepreneurial, vivent grâce aux subsides de l’Etat. Que l’Etat aide la presse, pourquoi pas ?

    Mais voyons comment sont réparties les aides :

    Audio-visuel :

    Et en ce qui concerne les médias audiovisuels, en dehors des chaînes publiques c’est la confiscation par les mêmes :
    TF1 (TF1, LCI, NT1...) appartient à Bouygues,
    Canal+ (Canal+ Direct 8...) Vivendi (Groupe Bolloré BlackRock , Société générale , Amundi , Caisse des dépôts , salariés 3,13 %...),
    M6 (M6,W9...) à Bertelsmann (groupe RTL).
    BFM TV appartient à A. Weil, Europe 1 à Lagardère, RMC A. Weil, RTL à Bertelsmann, etc.

    Quant aux chaînes publiques, on ne sait pas les distinguer idéologiquement des chaînes privées. Idem pour les radios (pensons à Bernard Guetta, à Arnaud Leparmentier...).

    B- Les journalistes vedettes dont certains gagnent 30 fois le SMIC. En 2009, David Pujadas a publié chez Flammarion un livre intitulé : « Vous subissez des pressions ? ». Il y répond par la négative.

    Pourquoi en effet le presser alors qu’il a été mis où il est parce qu’on savait ce qu’il dirait. Et pareil pour ses confrères des autres chaînes. Les horloges ne se concertent pas pour donner la même heure. Elles ont été conçues pour ça et celles qui contreviennent d’une seule minute ne plastronnent pas sur les clochers où sur les frontons des gares.

    Ces journalistes-là sont des adversaires politiques déguisés en journalistes. On en voit à foison qui sont mariés à des politiques, ils fréquentent les mêmes restaurants, les même lieux de vacances….

    C- Les journalistes du rang, qui ont la sécurité de l’emploi et des conditions de vie agréables. Parmi eux, certains ont une éthique, mais d’autres feraient n’importe quoi pour devenir journalistes vedettes. Ce sont aussi des adversaires politiques. Il me vient des exemples comme celui de Jean-Hébert Armengaud de Libération qui a honteusement traficoté des propos d’Hugo Chavez pour justifier un titre crapuleux : «  Le credo antisémite d’Hugo Chavez . »
    (http://www.legrandsoir.info/Chavez-antisemitisme-et-campagne-de-desinf...)
    Aujourd’hui, il est rédacteur en chef de Courrier International.

    Le philosophe Alain a écrit : « Celui qui a trahi le peuple apparaît comme dominé pour toujours par le luxe, par la vie facile, par les éloges, par le salaire enfin de l’Homme d’Etat. L’autre parti n’offre rien de pareil. Il n’y a donc point deux tentations, il n’y en a qu’une. Il n’y a point deux espèces de trahison, il n’y en a qu’une. Toute la faiblesse de n’importe quel homme le tire du même côté. La pente est à droite ». 

    D- Les précaires en CDD, les pigistes dont la plume est serve comme l’est la main de l’ouvrier pacifiste qui travaille à l’arsenal ou de l’ouvrier syndiqué qui imprimé la presse de droite, etc. On n’a pas de reproches plus vifs à faire à ces journalistes qu’aux catégories ouvrières que je viens de citer. Mais si leur soif de réussite les conduit à imiter les journalistes vedettes et ceux qui veulent le devenir, alors, précaire ou pas, ils sont des adversaires politiques.

    Toujours le philosophe : « Quand je vois un jeune auteur arriver de province avec de l’esprit, de la vanité et une plume facile, je ne sais pas au juste quelle opinion il prendra, mais je sais celle qu’il ne prendra pas. »

    Les médias-mensonges.

    La première victime d’une guerre s’appelle la vérité. On a vu le mensonge des armes de destruction massive dans la fiole brandie par Collin Powell à la tribune de l’ONU, on a vu les charniers de Tsimisoara, on a lu les propos attribués à tort à Mahmoud Ahmadinejad (« Il faut rayer Israël de la carte »), etc.

    Comment le FN pénètre des foyers sans y mettre un pied (botté)

    Je vis dans un petit village au sud de Toulouse. On n’y compte aucun immigré, on n’y enregistre pas des vols ou d’incivilités (en tout cas, pas plus qu’il y a un siècle et sans doute moins), pas de bagarres, de meurtres ni de viols ; le taux de chômage est bas. Au premier tour des élections départementales de 2015, le FN qui n’a aucun militant déclaré dans le village, qui n’y distribue aucun tract, qui n’y tient pas de réunion publique, obtient deux fois plus de voix que le PCF qui a eu un conseiller municipal communiste, connu et respecté.

    Le FN est entré dans les foyers par les médias qui ont convaincu 19 % des électeurs que ce vote-là en valait bien d’autres. C’est Jean-Marie Le Pen qui le confesse « Nous existons par les médias ».

    Le FN, la pensée unique (celle des maîtres du CAC 40) sont véhiculés par des médias que nous payons de nos impôts, de notre redevance et par la publicité.

    Dites-nous où sont les télés de gauche parmi les dizaines qui sont offertes à nos zappettes ? Dites-nous où sont les chroniqueurs politiques ou économiques de gauche dans les médias ?

    Les débats ? Parlons-en

    On dira : les médias audiovisuels sont ouverte aux débats contradictoires. Certes, mais, là aussi, le trucage règne.

    1- Sont invités sur les plateaux les « bons clients » pour l’Audimat, les beaux parleurs et quelques-uns des compères « qui se connaissent, qui déjeunent ensemble, qui dînent ensemble », dixit le sociologue Pierre Bourdieu qui insiste : « En fait, l’univers des invités permanents est un monde clos d’inter-connaissance, qui fonctionne dans une logique d’auto-renforcement permanent ».
     

    2- Pour le linguiste états-unien Noam Chomsky, il s’agit aussi de « limiter strictement l’éventail des opinions acceptables, mais en permettant un débat vif à l’intérieur de cet éventail et même d’encourager des opinions plus critiques et dissidentes. Cela donne aux gens l’impression d’être libres de leurs pensées, alors qu’en fait, à tout instant, les présuppositions du système sont renforcées par les limites posées au débat ».

    3- Un autre moyen d’empêcher l’expression d’idées se démarquant du « bon sens populaire » est de multiplier les intervenants dans un temps d’émission réduit. L’animateur lâche des « Oui, oui » impatients, des cavaliers « On a compris », voire : « En une phrase, pouvez-vous nous dire si la Grèce… ? ». Ou encore : « Notre émission touche à sa fin. Vous avez 30 secondes, Albert Einstein, pour nous expliquer votre théorie de la relativité ».

    Au Venezuela, des militants ont créé une école latino-américaine de cinéma et de télévision qui permet aux gens des quartiers et des villages de fabriquer eux-même leurs programmes, sans attendre que ceux des grands médias s’améliorent et se moralisent. Ces militants essaiment leur savoir-faire dans toute l’Amérique latine. Avec la Tuerka, les Espagnols semblent avoir réussi à créer un média de masse. Il nous reste à voir comment faire ici.

    Maxime Vivas

    PS. LGS a invité les autres participants à ce débat à lui faire parvenir le texte de leur contribution pour publication.

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