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    Nous sommes confrontés à une crise sociale, écologique démocratique. Les politiques menées par le gouvernement et les exécutifs régionaux, loin de la résoudre, l'amplifie. Face à cette situation les forces de gauche opposées au gouvernement ont le devoir de s’unir et de proposer une alternative aux citoyens. Cette alternative ne peut seulement être un programme porté par un cartel de partis mais elle doit aussi s’incarner dans une méthode nouvelle qui permette l’implication du plus grand nombre.

     

    C’est pourquoi le Parti de Gauche, réuni en AG le 21 aout réaffirme son souhait de participer à la construction d’une liste de rassemblement de la gauche d’opposition au gouvernement. Il se met au service des assemblées citoyennes qui se constituent et propose aux différentes forces de gauche disponibles pour travailler de constituer des listes construites autour des principes suivants : 

     

    • Ce seront des listes d’opposition à la politique gouvernementale et à ses soutiens locaux.

    • Elles doivent se doter d' assemblées citoyennes représentatives. 

    • Elles doivent se doter d’un corpus programmatique de nature à incarner une alternative politique en rupture avec l’austérité, les politiques libérales

    • Elles doivent avoir comme fil directeur l’indépendance des futur-e-s élu-e-s 

    • les candidat-e-s devront s’engager par la signature d’un code éthique  (non cumul, signature de la charte anticor..)

     

    Par ailleurs le Parti de Gauche appelle à la convergence des différents appels et démarches déjà initiésdans notre région. 

     

     

     

    Laurence Pache (0633101269)

     

    Paul Laustriat (0646404109)

     

     

     

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  • Pour Jacques Sapir, l'accord extorqué à Alexis Tsipras est assimilable à un "viol en réunion" de la souveraineté de la Grèce, commis au nom d'une "raison délirante", par l'Allemagne, l'Eurogroupe, et la Commission, avec la complicité active de la France... Crime aussi odieux qu'inutile. Démonstration.

    Par Jacques SAPIR, sur RussEurope

    Le 15 juillet 2015

     

    Les différentes révélations sur les conditions dans lesquelles a été arraché l’accord, et il vaut mieux parler de diktat entre la Grèce et ses créanciers illustrent bien ce que l’on pouvait en penser à chaud. Cet accord est un véritable désastre pour l’ensemble de ses signataires, et pour la Grèce en premier lieu.

    La longue interview donnée le mercredi 14 juillet dans la nuit par Alexis Tsipras à la télévision d’Etat ERT le confirme[1]. Il avoue d’ailleurs que cet accord est un « mauvais accord ». L’analyse qui en est faite sur son blog par l’ex-Ministre des finances, M. Yannis Varoufakis va dans le même sens[2]. De plus, le Fonds Monétaire International a rendu public une note d’analyse, qui avait été communiquée à TOUTES les parties en présence dès le 6 juillet et qui montre de manière irréfutable que cet accord n’est pas viable[3].

    Dès lors se dévoile une autre face du drame qui s’est déroulé dans la nuit du 12 au 13 : tout ceci ne sert à rien. Un autre accord devra être trouvé rapidement, et la perspective d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro reprend force[4]. Le Ministre des finances allemand, M. Schäuble l’a lui-même reconnu ainsi que l’ancien gouverneur de la Banque Centrale de Belgique[5]. Cela rend les proclamations de succès de notre Président a faites à Bruxelles le matin du 13 particulièrement dérisoires. Le vote qui s’est déroulé au Parlement français l’est tout autant. On demande aux députés de se prononcer sur un accord que l’on sait inapplicable. Les députés du PCF, d’abord enclin à voter oui, n’est-ce pas Pierre Laurent, pour des raisons alimentaires, se sont ainsi ressaisi et devraient voter « non ». Le drame ici se marie à l’absurde.

    L’Euro avant la Grèce, l’Euro avant la France

    Il faut cependant lire en détail la déclaration de François Hollande qu’il a faite le 13 juillet au matin ; mais pour cela, il faut avoir le cœur bien accroché. Remarquons, d’abord, qu’il ne parle pas de la Grèce, mais uniquement de la zone Euro. Cela montre bien quelles étaient ses priorités : « L’objectif était de faire en sorte que la zone euro puisse être préservée dans son intégrité, dans son unité, dans sa solidarité »[6]. On constate ainsi que les premiers mots réservés à la substance de ce texte ne font nullement mention des souffrances, des efforts et des espoirs du peuple grec. Non, la chose qui importe au premier chef c’est l’intégrité de la zone Euro. Tout est dit dans ces lignes, et en particulier la préférence pour une construction bureaucratique, et que de nombreux économistes jugent non viable, sur la volonté et la vie des peuples. Ceci est corroboré par le troisième paragraphe de ce texte : « Ce que j’ai voulu, c’était plus que l’intérêt de la Grèce, c’était l’intérêt de l’Europe. Et c’était aussi l’intérêt de la France. Parce que l’intérêt de la France ne se dissocie pas de l’intérêt de l’Europe »[7]. L’ordre des priorités est ainsi établi : c’est l’Europe, puis la France et enfin la Grèce. Mais, ceci repose sur un mensonge, ou plus précisément un double mensonge : celui qui assimile la zone Euro à l’Union européenne, et celui qui assimile, ensuite, l’Union européenne à l’Europe. Les deux sont parfaitement scandaleux. La Zone Euro n’est nullement l’Union européenne. Des pays appartenant à l’Union européenne ne font nullement partie de la zone Euro. C’est le cas de la Grande-Bretagne, de la Suède, de la Pologne ou de la Hongrie. De plus, l’Union européenne n’englobe nullement l’Europe. Que ce soit la Suisse, la Norvège, ou encore la Serbie dans les Balkans, le Belarus, la Russie ou l’Ukraine, tous ces pays font partie de l’Europe, comme réalité géographique mais aussi culturelle, et ce sans faire partie de l’UE. Veut-on faire croire que Munch, l’auteur du « Cri », ou que des artistes comme Dostoïevski, Pouchkine ou Tolstoï ne sont pas européens ? Oublie-t-on que l’Union européenne est une alliance politique et économique de certains pays d’Europe ? Vouloir la faire passer pour l’Europe toute entière est un mensonge. Le fait que celui-ci soit proféré par la plus haute autorité de l’Etat ne retire rien à l’affaire. Au contraire, il l’aggrave. Il établit en dogme, mais sans pour autant en faire une vérité, ce qui s’avère un mensonge.

    Ce mensonge, il le répète bien plus bas dans ce texte, en particulier quand il affirme : « La Grèce est un pays ami qui a voulu entrer dans l’Union européenne après des années de dictature ». En fait, et la date d’adhésion le montre bien, c’est aux Communautés Economiques Européennes, autrement dit au « Marché Commun » que la Grèce a adhéré après l’épisode de la dictature des colonels. Elle ne pouvait adhérer en 1981 à l’UE alors que cette dernière ne date que de 1992 et l’Acte unique européen de 1986. François Hollande bouleverse donc l’histoire et ne tient guère compte de la chronologie. Mais, là encore, il y a une logique dans le mensonge : celle de prétendre que l’UE, projet titanesque, projet inouï, a existé avant même que de naître. Si ce n’est pas de l’aveuglement idéologique on ne sait pas ce que c’est.

    Euro über älles

    On peut, alors, voir les conséquences de ce mensonge. Une autre citation de cette déclaration du Président Hollande est à cet égard des plus instructives. « L’objectif, c’était que l’Europe puisse être à la hauteur du défi qui lui était lancé, être capable de régler une crise qui depuis plusieurs années minait la zone euro. L’objectif était aussi de donner un espoir à la Grèce après tant d’années de souffrance, d’austérité – même si la Grèce n’en a pas terminé et qu’elle devra encore faire des efforts…[8] » Le mensonge ici en devient pathétique. Non seulement cet accord n’a pas été « à la hauteur du défi », tout simplement parce que rien n’a été réglé. On le voit bien dans les positions prises par le FMI les 14 et 15 juillet. Mais en plus cet accord ne redonne aucun espoir au peuple grec. Au contraire, ce dernier vit comme une terrible humiliation les clauses politiques de cet accord, qui imposent désormais l’aval des institutions européennes sur les lois qui seront appelées à être votées par le parlement grec. Le quatrième paragraphe est lui aussi ravageurs quant aux prétentions de notre Président : « La France a un rôle particulier à jouer : faire en sorte que ce processus, cette construction qui se sont noués au lendemain de la guerre puisse se poursuivre avec, bien sûr, des épreuves, des défis, mais en même temps toujours avec la volonté d’incarner une force, celle de la zone euro, une zone monétaire qui doit permettre la stabilité et la croissance. Il n’y a pas de stabilité sans croissance, il n’y a pas de croissance sans stabilité [9] ». Retenons le mélange des genres, qui n’est certes pas accidentel. On présente la zone Euro comme venant dans la continuité du Plan Marshall et de la Communauté Economique Européenne (le « Marché Commun »).

    Ceci constitue une erreur flagrante, une distorsion étonnante de la vérité historique. Mais, l’affirmation sur laquelle se conclut cette citation, en associant croissance et stabilité, constitue à nouveau un impudent mensonge. Car, la zone Euro a entraîné une chute de la croissance pour les pays membres de l’Euro, et s’est accompagnée de fluctuations extrêmement importantes. Ceci est établi dans de nombreux ouvrages[10], et dans le livre que j’avais écrit en 2012 en particulier[11]. De fait, la zone Euro n’a jamais été un facteur de stabilité ni un facteur de croissance pour les pays membres.

    La raison délirante d’une nouvelle religion

    Mais cette idée de l’Euro a tout emporté dans l’esprit de notre Président et sous la plume de ses conseillers. Quand il revient sur ce thème dans sa déclaration, c’est pour faire cette citation : « Si la Grèce était sortie de la zone euro, qu’aurait-on dit ? Que la zone euro n’était pas capable d’assurer son intégrité, sa solidarité. Qu’aurait-on dit des Grecs ? Qu’ils n’étaient pas capables de prendre leurs responsabilités. Qu’aurait-on dit de la France, de l’Allemagne, qui ont vocation à donner cette impulsion ? Que nous n’aurions pas été au rendez-vous. La zone euro aurait reculé alors que l’Europe doit avancer et porter un projet qui puisse protéger les peuples – car l’euro protège les pays qui sont partie prenante de cette zone monétaire. Qu’aurait-on dit sur cette dislocation de cette grande idée ?[12] ». En fait, tout est dit. Tant la croyance mystique en un Euro « protecteur » des peuples que celle qui assimile l’Euro à l’Europe. La raison, l’intelligence, le sens de la mesure, ont été balayé par une idée fixe qui tourne au délire, mais toujours mue par la même logique.

    Cette raison délirante explique pourquoi et comment on peut travestir en accord librement négocié ce qui n’a été que le viol de la souveraineté de la Grèce. Un viol en réunion, perpétré par l’Allemagne, mais aussi par l’Eurogroupe et son Président M. Dijsselbloem, par la Commission européenne avec Jean-Claude Juncker. Et si la France n’y a pas participé, elle a verrouillé la porte du local où s’est tenu ce crime et elle a poussé le bâillon dans la gorge de la victime. La phrase prononcée et écrite par François Hollande prend alors un tour sinistre : « Mais aujourd’hui, même si cela a été long, je pense que ça a été pour l’Europe, une bonne nuit et un bon jour ». Car, nous savons aujourd’hui que cette torture aura été infligée pour rien. L’accord signé le 13 juillet au matin se défait désormais d’heure en heure. La perspective d’une sortie de la Grèce hors de la zone Euro est à nouveau à l’ordre du jour.

    On peut commettre un crime en politique, mais s’en vanter alors que le résultat est des plus incertain n’est pas le signe d’une grande intelligence. C’est, tout au plus, le produit d’un aveuglement profond, d’un fanatisme idéologique, d’une raison délirante qui sont appelés à être sanctionnés aux prochaines élections.

    Jacques SAPIR 15 juillet 2015

    [1] http://www.newgreektv.com/index.php/greece/item/16414-prime-minister-a...

    [2] Varoufakis Y., « On the Euro Summit’s Statement on Greece : First thoughts » , note postée le 14 juillet 2015,
    http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/14/on-the-euro-summits-statement-on-...

    [3] IMF, AN UPDATE OF IMF STAFF’S PRELIMINARY PUBLIC DEBT SUSTAINABILITY ANALYSIS, IMF Country Report No. 15/186,14 juillet 2015, Washington DC.

    [4] http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11739985/IMF-stuns-Europe...

    [5] http://trends.levif.be/economie/politique-economique/luc-coene-je -me-demande-si-un-grexit-n-aurait-pas-ete-mieux/article-normal-405469.html

    [6] Conférence de Presse du Président François Hollande du 13 juillet 2015, texte provenant du site
    http://www.elysee.fr/declarations/article/conference-de-presse-a-l-iss...

    [7] Conférence de Presse du Président François Hollande du 13 juillet 2015, op.cit..

    [8] Conférence de Presse du Président François Hollande du 13 juillet 2015, op.cit..

    [9] Conférence de Presse du Président François Hollande du 13 juillet 2015, op.cit..

    [10] Voir Bibow, J., et A. Terzi (eds.), Euroland and the World Economy—Global Player or Global Drag ? Londres, Palgrave, 2007.

    [11] Sapir J., Faut-il sortir de l’Euro ?, Le Seuil, Paris, 2012

    [12] Conférence de Presse du Président François Hollande du 13 juillet 2015, op.cit..

     

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    Par Romaric Godin, sur latribune.fr

    Le 15 juillet 2015

     

    Le nouveau "plan d'aide" endettera encore davantage la Grèce sans lui permettre de réellement sortir de l'ornière. Il n'a pour fonction que de "couvrir" les non-dits sur la dette des dirigeants européens.

     

    Le rapport du FMI sur la viabilité de la dette grecque a été perçu comme un « soutien » aux demandes de restructuration d'Alexis Tsipras. Mais son mérite n'est pas là. Il met au jour avec une clarté bienvenue le nœud des six derniers mois de négociations, et pourquoi, au final, ces dernières se sont achevées par une reddition de la Grèce. Ce que le FMI répète (il en est convaincu depuis longtemps), c'est que sans travail sérieux sur le poids de l'endettement public grec, aucun accord n'est réellement raisonnable. Or, quoi qu'on en dise ici ou là, rien ne laisse présager que Berlin accepte d'ouvrir sérieusement le dossier dans les prochains mois, bien au contraire. L'accord du 13 juillet sur la dette ressemble aux engagements pris en novembre 2012 : vagues et sans doute faits pour être oubliés rapidement.

    Qui a bloqué ?

    Dès lors, lorsque l'on revient sur le déroulé des négociations, on se rend compte que  les blocages ne sont jamais réellement venus de la Grèce ou du FMI, qui demandaient précisément un accord global intégrant ce travail. Le blocage est venu des seuls partenaires qui refusaient toute discussion sur le stock de dettes grecques : les pays de la zone euro. Ce sont eux qui ont contraint le FMI à durcir sa position en exigeant davantage de garanties pour rembourser une dette délirante et, ainsi, à rejeter la proposition grecque du 22 juin, conduisant Alexis Tsipras à convoquer un référendum. Ce sont eux qui ont amené les Grecs à refuser des « réformes » stériles tant que le poids de la dette était aussi lourd. Autrement dit, à refuser une spirale du surendettement qu'ils ont finalement réussi à imposer.

    La morale pour couvrir un montage de Ponzi

    Les gouvernements de la zone euro, en se cachant derrière des arguments moraux qui ne soutiennent pas l'examen historique et économique (« il faut payer ses dettes »), ont ainsi imposé un nouveau tour de cavalerie financière : la Grèce s'endettera donc auprès du MES (Mécanisme européen de stabilité) pour rembourser les dettes dues à « sa » banque centrale et au FMI. Avec le rapport du FMI, c'est donc l'absurdité du nouveau « plan d'aide » à la Grèce qui éclate au grand jour. Nul besoin de s'interroger longtemps pour le comprendre : ce troisième plan ressemble furieusement aux deux précédents : faire financer ce montage à la Ponzi par des mesures d'austérité qui garantissent avec certitude l'augmentation du poids de la dette grecque et l'incapacité future de rembourser cette dette. Immanquablement, il faudra proposer un quatrième plan qui augurera d'un cinquième...

    Pourquoi le poids de la dette a augmenté

    On l'a souvent oublié sous la montagne de propos moralisateurs qui se sont déversés sur ce débat, mais le problème de la dette grecque, ce n'est pas son stock nominal qui a reculé depuis 2011, notamment après la restructuration de la dette privée en 2011 (le « PSI »), c'est son rapport à la richesse nationale grecque qui s'est effondré plus rapidement. Les créanciers estiment que cette baisse s'explique par un « manque de réformes. » C'est une position intenable au regard de la trajectoire des finances publiques grecques qui se sont redressées très rapidement, le pays dégageant même un excédent primaire structurel record. La réalité, c'est que ce sont ces « réformes » (en réalité des coupes aveugles) qui ont réduit le PIB et rendu insoutenable la dette. Une preuve suffira : toutes les projections d'impact de la consolidation budgétaire sur la croissance depuis 2010 ont été des erreurs grossières. Bref, c'est la logique à l'œuvre en zone euro qui a échoué. Raison de plus, pour les dirigeants européens, de la poursuivre en l'intensifiant.

    Un plan voué à l'échec

    Le nouveau plan échouera donc comme les autres puisqu'on se refuse à tirer les leçons du passé. C'est, pour le moment, la seule certitude dont on dispose. La volonté des créanciers de tenir en laisse le gouvernement grec en laissant les banques fermées jusqu'à la signature d'un accord et, sans doute, en laissant le financement de ses banques sous perfusion jusqu'à la réalisation des réformes, va continuer à peser sur le PIB et à maintenir les investissements et les dépenses non essentielles à l'état de projets. Dans un pays ravagé comme la Grèce, ces retards ne sont pas anodins, ils mettent en péril la croissance future. Viendra ensuite la mise en place des mesures d'austérité dans un pays où la demande intérieure est déjà comprimée, ce qui pèsera lourd sur la croissance. La Grèce, l'expérience l'a montré, affiche des multiplicateurs budgétaires importants. Certes, il y aura les 35 milliards d'euros promis par la Commission. Mais n'oublions pas que ces sommes sont en réalité dues à la Grèce. Ce n'est pas une aide, c'est une régularisation. Le poids de la dette va donc encore augmenter. Le FMI prévoit un « pic » pour cet endettement à 200 % du PIB, sachant que toutes ses prévisions passées étaient beaucoup trop... optimistes.

    Un « fonds » de privatisation absurde

    Sans parler évidemment de ce fameux « fonds » financé par le produit des privatisations que l'on estime à 50 milliards d'euros. Ce chiffre n'est basé sur aucune réalité. Longtemps, le gouvernement grec a demandé à ce que les privatisations soient mieux réalisées, en prenant en compte la valeur réelle des actifs vendus. On a crié au scandale, au manque de volonté. On a demandé d'aller vite. Mais dans un pays à l'économie en lambeaux comme la Grèce, obtenir rapidement des recettes élevées de la privatisation d'actifs ravagés par l'austérité budgétaire et disposant de faibles perspectives (en raison du poids de la dette) relève de l'impossible. Cela relève au mieux d'oeillères idéologiques, au pire d'une inconscience coupable. Entre 2010 et 2015, les privatisations grecques ont rapporté 5,4 milliards d'euros. Ce fonds ne sera donc pas alimenté, c'est un leurre. Mais, à coup sûr, on verra dans la non réalisation des objectifs une nouvelle preuve du manque de volonté hellénique et l'on demandera donc des coupes budgétaires supplémentaires pour compenser le manque à gagner...  Et cela permettra de ne pas évoquer la dette, puisque les Grecs "ne respectent pas les règles". Ce qu'on promet à la Grèce, ce sont, comme le titrait ce mercredi 15 juillet au matin le quotidien conservateur Ta Nea, des « années de plomb. » Le maintien du pays dans la zone euro se fera donc au prix fort.

    L'objectif réel des créanciers : cacher leurs mensonges

    Ce n'est donc pas la « Grèce » qui a été sauvée lundi 13 juillet, ce sont les non-dits des dirigeants européens qui, pour ne pas perdre la face, pour ne pas reconnaître devant leurs électeurs leurs erreurs, sont prêts à placer un pays de la zone euro dans une position sociale, économique et politique désastreuse. L'erreur d'Alexis Tsipras aura été de croire qu'il pouvait obtenir un « accord mutuellement favorable » comme il l'a martelé pendant cinq mois. L'objectif des créanciers n'étaient pas de trouver un tel accord, c'était de dissimuler leur choix d'avoir monté un monstre financier à partir de 2010 derrière un discours moral pour empêcher d'en assumer les conséquences logiques : le renoncement à une partie de la dette grecque. Irréalisme et populisme : ces deux critiques que l'on a tant appliquées à Alexis Tsipras auraient en réalité dû s'adresser aux créanciers.

    Faire payer les générations futures

    Les dirigeants de la zone euro sont comme ces « grands menteurs » qui se créent des vies parallèles et doivent en permanence ajouter de nouveaux mensonges aux anciens pour maintenir la cohérence d'une vie qui, au fil du temps, devient de plus en plus intenable. Ces affaires se terminent toujours mal, car le château de cartes finit par s'effondrer. Dans le cas grec, il faudra immanquablement, d'une façon ou d'une autre, en venir à l'annulation des dettes. Si les créanciers s'y refusent, les Grecs feront défaut unilatéralement. L'irresponsabilité des dirigeants de la zone euro éclatera alors au grand jour, car leurs « plans » continuels n'auront fait qu'augmenter la facture. En attendant, tout se passe comme si ces dirigeants ne poursuivaient qu'un seul but : faire porter la responsabilité de cet inévitable moment à leurs successeurs et le fardeau de ses conséquences aux générations futures. Voici où mèneront les leçons de morale de ces dirigeants inconscients.

    Occasion perdue

    Décidément, la zone euro a raté, durant ce premier semestre 2015, une occasion unique. Dès les premiers moments, Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances d'alors, a proclamé qu'il « ne voulait pas de l'argent des créanciers. » Son but était alors d'ouvrir un vrai débat sur la dette afin que la Grèce puisse rembourser ce qu'elle pouvait rembourser. On comprend alors mieux la haine qui l'a immédiatement entouré : il était celui qui voulait mettre à jour l'immense refoulé qu'il y a sur la dette, celui qu'il s'agit de cacher à tout prix. L'occasion d'en finir avec cette logique a été perdue. Les Grecs et tous les Européens le paieront, au final, très cher.

             

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  • Par Romaric Godin, sur latribune.fr

    le 13 juillet 2015

     

    Les dirigeants de la zone euro ont imposé un accord aux conditions encore plus dures, presque punitif, aux Grecs. Mais la défaite d'Alexis Tsipras résonne comme une défaite pour toute la zone euro.

     

    Jamais, dans le jargon européen, le terme de « compromis » n'aura semblé si peu adapté. « L'accord » atteint au petit matin du 13 juillet entre la Grèce et le reste de la zone euro a désormais des allures de déroute pour le gouvernement grec. Une déroute qui a un sens pour le reste de l'avenir de la zone euro.

    Erreur stratégique

    Avant d'en venir aux conséquences, il faut expliquer cette défaite d'Athènes. Le gouvernement grec avait accepté jeudi soir le plan des créanciers présenté le 26 juin. Un plan déjà extrêmement difficile à accepter pour la majorité parlementaire grecque. Cette dernière s'était d'ailleurs fissurée vendredi soir dans le vote à la Vouli, le parlement grec. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, pouvait cependant alors prétendre pouvoir arracher un accord sur la dette comme « compensation. » Malheureusement pour lui, les créanciers ont alors immédiatement compris le message : l'exécutif grec craignait davantage la sortie du pays de la zone euro que l'abandon de son propre programme. On aurait pu s'en douter dès le 22 juin lorsqu'Athènes avait déjà présenté un plan d'austérité. Mais le « non » au référendum avait été une contre-offensive qui, compte tenu du résultat, pouvait donner un mandat implicite au premier ministre pour réaliser le Grexit. Il n'en a pas jugé ainsi. En grande partie parce qu'il a commis l'erreur de ne pas le préparer.

    La curée

    Dès lors, la position grecque était extrêmement fragile. En effet, pour un petit pays aussi affaibli et endetté que la Grèce, la seule force dans les négociations était la menace de la sortie de la zone euro. Menace que, sans doute, il fallait éviter de mettre en oeuvre si c'était possible, mais qu'il fallait brandir assez sérieusement pour faire douter le camp d'en face. Dès lors que cette menace était levée, Athènes n'avait aucun moyen de pression. La position grecque s'était alors entièrement découverte. Et les créanciers ont pu, sans crainte d'une rupture, augmenter leurs exigences. Pour cela, le moyen était fort simple : il suffisait de menacer la Grèce d'une sortie de la zone euro. Comme cette dernière n'en voulait à aucun prix, il était simple de lui faire accepter d'autres conditions et d'annuler ainsi une partie des succès obtenus durant six mois de négociations, notamment le retour des « revues » de la troïka, l'instauration du travail du dimanche et la mise en place d'un fonds de 50 milliards d'euros issus des privatisations pour recapitaliser les banques, rembourser la dette et faire des investissements productifs. Et pour bien faire comprendre à la Grèce qu'elle devait filer droit cette semaine et voter les « réformes » souhaitées, le premier ministre néerlandais Mark Rutte a prévenu que le « Grexit n'était pas encore exclu. »

    Quelques succès ?

    Les créanciers ont donc tellement tourmenté Alexis Tsipras que ce dernier a pu présenter quelques concessions sur les exigences nouvelles de ce week-end comme des succès : l'absence de Grexit, le maintien du Fonds en Grèce (et non son transfert au Luxembourg comme l'Eurogroupe l'avait demandé) ainsi que le report d'un quart de son montant sur des investissements productifs (autant que la part réservée aux créanciers et moitié moins que celle réservée pour les banques). Mais son seul vrai succès est d'avoir obtenu l'ouverture d'une discussion sur un « reprofilage » de la dette, autrement dit sur un nouvel échéancier. Mais il faut se souvenir que ce plan va encore augmenter la dette et qu'un rééchelonnement risque simplement de « lisser » les effets de cette augmentation. Et, comme on a pu le constater, Athènes est tout sauf en position de force pour bien négocier ce rééchelonnement. Encore une fois, les créanciers - et Angela Merkel l'a confirmé explicitement - restent attachés au mythe de la viabilité de la dette publique grecque. Un mythe qui va continuer de coûter cher à la Grèce qui va ployer pendant des décennies sous le poids absurde de cette dette, la condamnant à une austérité sans fin et à la méfiance des investisseurs.

    Prélude à la chute d'Alexis Tsipras ?

    Alexis Tsipras va devoir désormais faire accepter ce plan à son parlement. Or, ce plan n'est rien d'autre qu'une négation explicite des deux votes grecs du 25 janvier et du 5 juillet. Les créanciers avaient pour but, d'emblée, d'obtenir l'annulation de fait de ces votes. Ils sont en passe de l'obtenir. Les parlementaires de Syriza ont désormais le choix entre provoquer une crise politique en désavouant Alexis Tsipras et adoptant un programme basé sur la sortie de la zone euro ou devenir un nouveau Pasok, un parti qui tente de « réduire l'impact » des mesures des créanciers sans avoir aucune certitude d'y parvenir. Face à un tel choix, Syriza pourrait se scinder, comblant les vœux des créanciers et de Jean-Claude Juncker qui souhaitait, en janvier, « revoir des têtes connues. » Car, avec de nouvelles élections, qui semblent désormais inévitables, les perdants des 25 janvier et 5 juillet pourraient profiter de cette division pour remporter le scrutin. Quoi qu'il en soit, si le Syriza « modéré » d'Alexis Tsipras l'emporte, sa capacité de résistance est désormais très faible. Le « danger politique » est écarté, comme le voulaient les dirigeants de la zone euro.

    La victoire de Tsipras : un révélateur de la nature de la zone euro

    Il est cependant un point sur lequel Alexis Tsipras a clairement gagné : il a mis à jour par ses six mois de résistance et ce déchaînement de « vengeance » comme le note ce lundi matin le quotidien britannique The Guardian en une, la nature de la zone euro. Ce lundi 13 juillet, on y voit plus clair sur ce qu'est la zone euro. A l'évidence, les gouvernants européens ont agi comme aucun Eurosceptique n'aurait pu l'espérer.

    L'imposition de la logique allemande

    D'abord, on a appris que l'euro n'était pas qu'une monnaie, mais aussi une politique économique particulière, fondée sur l'austérité. Le premier ministre grec avait fait le pari que l'on pouvait modifier la zone euro de l'intérieur et réaliser en son sein une autre politique économique. Preuve est désormais faite de l'impossibilité d'une telle ambition. Les créanciers ont clairement refusé une réorientation de la politique d'austérité budgétaire qui, pour un pays comme la Grèce, n'a réellement plus aucun sens aujourd'hui et l'empêche de se redresser. On a continué à imposer cette logique qui fonde la pensée économique conservatrice allemande : la réduction de la dette et la consolidation budgétaire ont la priorité sur une croissance économique qui ne peut être le fruit que « d'efforts douloureux » appelés « réformes. » Même dans un pays économiquement en ruine  comme la Grèce qui a démontré empiriquement l'échec de cette logique. Si Alexis Tsipras a perdu son pari, il n'est pas le seul fautif. Les Etats européens comme la France et l'Italie le sont aussi, qui en validant les réformes engagées depuis 2011 dans la zone euro (Two-Pack, Six-Pack, MES, semestre européen, pacte budgétaire) ont assuré la prééminence de cette logique.

    Français et Italiens ne peuvent donc pas s'étonner de la radicalisation de l'Allemagne et de ses alliés. Ils l'ont préparé par leur stratégie de concessions à Berlin, se trompant eux-mêmes sur leur capacité future de pouvoir ainsi « infléchir » la position allemande dans le futur.

    Gouvernance économique aveugle

    La gouvernance économique de la zone euro - jadis tant souhaitée par les gouvernements français - existe donc bel et bien, et ne souffre aucune exception, fût-elle la plus modérée. Aussi, qui veut la remettre en cause devient un adversaire de l'euro. La diabolisation de Syriza pendant six mois l'a prouvé. Ce parti n'a jamais voulu renverser l'ordre européen, le gouvernement grec a rapidement fait de larges concessions (que l'on songe à l'accord du 20 février). Mais sa demande d'une approche plus pragmatique dans le traitement du cas grec conduisait à une remise en cause de la vérité absolue de la logique "austéritaire" décrite plus haut. Il fallait donc frapper fort pour faire cesser à l'avenir toute velléité de remise en cause de l'ordre européen établi. Il y a dans cette Europe un air de « Sainte Alliance » de 1815, révélé désormais au grand jour. Comment autrement expliquer cet acharnement face à Athènes ce week-end, cette volonté de « vengeance » ? Alexis Tsipras avait cédé sur presque tout, mais ce n'était pas assez, il fallait frapper les esprits par une humiliation supplémentaire.

    Identification entre euro et austérité

    Le problème, c'est que, désormais, l'identification entre l'euro et l'austérité est totale. Le comportement des dirigeants de la zone euro avant et après le référendum pour faire du « non » aux mesures proposées un « non » à l'euro le prouvent aisément. La volonté explicite de durcir les conditions imposées à la Grèce pour rester dans la zone euro ce week-end enfonce le clou. Aujourd'hui, c'est bien la question de la « réforme de la zone euro » et de sa gouvernance qui est posée. C'est un cadeau magnifique fait en réalité aux Eurosceptiques qui auront beau jeu désormais de fustiger la faiblesse d'Alexis Tsipras et de faire de la sortie de la zone euro la condition sine qua non d'un changement, même modéré, de politique économique. Cette fin de semaine, une certaine idée, optimiste et positive, de la zone euro a perdu beaucoup de crédibilité.

    Grexit ou pas, le précédent existe désormais

    Du reste, ceux qui se réjouissent d'avoir sauvé l'intégrité de la zone euro se mentent à eux-mêmes. Pour la première fois, l'impensable a été pensé. L'irréversibilité de l'euro est morte au cours des deux dernières semaines. Grexit ou pas, la possibilité d'une sortie de la zone euro est désormais établie. La BCE l'a reconnue par la voix de deux membres de son directoire, Benoît Coeuré et Vitor Constancio, et l'Eurogroupe en a explicitement menacé la Grèce. Dès lors, la zone euro n'est plus un projet politique commun qui supposerait la prise en compte des aspirations de tous ses Etats membres par des compromis équilibrés. Elle est un lieu de domination des forts sur les faibles où le poids de ces derniers ne comptent pour rien. Et ceux qui ne se soumettent pas à la doctrine officielle sont sommés de rendre les armes ou de sortir. On accuse Alexis Tsipras d'avoir « menti » à son peuple en prétendant vouloir rééquilibrer la zone euro. C'est faux, car il ne connaissait pas alors la nature de la zone euro. Maintenant il sait, et les Européens aussi.

    C'est la réalisation du projet « fédéral » de Wolfgang Schäuble : créer une zone euro plus centralisée autour d'un projet économique accepté par tous, ce qui suppose l'exclusion de ceux qui le remettent en cause. Angela Merkel s'est rallié à ce projet parce qu'elle a compris qu'Alexis Tsipras ne sortirait pas de lui-même. Elle a donc pensé pouvoir obtenir la discipline et l'intégrité de la zone euro. Mais elle se trompe, elle a ouvert une boîte de Pandore qui pourrait coûter cher à l'avenir au projet européen. De ce point de vue, peu importe que le Grexit n'ait pas eu lieu  : sa menace suffit à modifier la nature de la zone euro.

    La nature de l'euro

    L'euro devait être une monnaie qui rapprochait les peuples. Ce devait être la monnaie de tous les Européens. Or, cette crise a prouvé qu'il n'en est rien. On sait que, désormais, on peut priver certains habitants de la zone euro de l'accès à leur propre monnaie. Et que cette privation est un moyen de pression sur eux. Il sera donc bien difficile de dire encore « l'euro, notre monnaie » : l'euro est la monnaie de la BCE qui la distribue sur des critères qui ne prennent pas en compte le bien-être des populations, mais sur des critères financiers dissimulant mal des objectifs politiques. L'euro est, ce matin, tout sauf un instrument d 'intégration en Europe. En réalité, on le savait depuis la gestion de la crise de Chypre en 2013, qui, on le comprend maintenant, n'était pas un « accident. »

    Le choc des démocraties réglé par le protectorat

    La résistance d'Alexis Tsipras et l'accord obtenu mettent également à jour le déséquilibre des légitimités démocratiques. Longtemps, l'argument a été que les Grecs ne pouvaient pas imposer leurs choix démocratiques aux autres démocraties. Ceci était juste, à condition que ce soit réciproque.

    Or, ce lundi 13 juillet, la démocratie grecque a été fragilisée et niée par ses « partenaires » européens. On a ouvertement rejeté le choix des Grecs et imposé à la place celui des autres gouvernements démocratiques. Le débat ne se tenait pas entre démocraties mais entre créanciers et débiteurs. Jamais la zone euro n'a voulu prendre au sérieux les choix grecs. Et toujours on a cherché à se débarrasser de ceux qui étaient issus de ces choix. Il est donc possible de faire d'un pays de la zone euro une forme moderne de protectorat financier. C'est là encore un dangereux cadeau fait aux Eurosceptiques qui auront beau jeu de venir se présenter en défenseurs de la souveraineté populaire et de la démocratie.

    Plus d'intégration ?

    François Hollande a promis « plus d'intégration » dans la zone euro les mois prochains. Ceci ressemble dangereusement à une fuite en avant. Angela Merkel a prouvé qu'elle avait choisi le camp de Wolfgang Schäuble, de concert avec la SPD. On ne peut donc que s'inquiéter de cette promesse de l'hôte de l'Elysée qui ne peut aller que dans le sens des erreurs commises. Enivrée par leurs victoires sur un peuple déjà à genoux, les dirigeants de la zone euro doivent prendre garde de ne pas aggraver encore un bilan qui, au final, est aussi négatif pour les vainqueurs que pour les vaincus.

     

             

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  • Par Guillaume Etiévant

     

    A peine la nouvelle proposition du gouvernement grec était-elle sur la table, que le mot « capitulation » s’affichait sur tous les gros titres de la presse. Chaque semaine, les médias dominants croient voir leur rêve se réaliser : aucune alternative à l’austérité ne serait possible en Europe, et il faudrait que Syriza échoue pour signer la preuve définitive de cette impossibilité. Tsipras est remaquillé en traitre, et à sa suite c’est toute l’autre gauche qui est salie par ces attaques.

    A lire l’accord proposé le 9 juillet par la Grèce, on ne voit pourtant pas de rupture avec la stratégie jusqu’à présent déployée par Tsipras. Elle contient au final peu de reculs par rapport à la position du 22 juin refusée par l’eurogroupe :

    • Sur la TVA c’est la même chose
    • Sur le marché du travail c’est la même chose également
    • L’excédent budgétaire primaire prévu est plus élevé, mais c’est grâce à une hausse des impôts et pas à une baisse des dépenses
    • Les privatisations vont se poursuivre mais c’était déjà prévu dans la position du 22 juin
    • Le vrai recul concerne la réforme des retraites (mesures d’économies de 0,25 à 0,5% du PIB sur les retraites dès 2015 et 1% à partir de 2016), mais il faut noter que jusqu’en 2019 le système d’aide aux retraites les plus faibles est maintenu
    • En échange Syriza maintient à la lettre ses exigences : rééchelonnement de la dette, plan d’aide de 53 milliards sur trois ans, et déblocage du « plan Juncker ».

    En bref, Syriza poursuit la même stratégie qu’avant. On peut bien sûr la contester, mais elle correspond au choix des électeurs de Syriza : une ligne de crête entre le refus de l’austérité et le maintien dans la zone euro. Tsipras n’a pas de mandat pour sortir de l’euro. Son nouveau plan n’est en aucun cas une trahison par rapport au vote de dimanche dernier, puisque les Grecs se sont par leur vote opposés aux propositions de l’Eurogroupe du 25 juin mais pas aux propositions de Syriza du 22 juin.

    Comme nous le disons dans notre communiqué du Parti de Gauche (https://www.lepartidegauche.fr/communique/la-question-centrale-est-la-...) , le cœur de tout cela, c’est la dette. Si Syriza obtient un rééchelonnement, il s’agira d’un pas en avant considérable pour son peuple. C’est la dette qui étrangle les Grecs, qui ont déjà fait tant d’efforts que le budget de la Grèce est aujourd’hui en excédent primaire, ce qui n’est pas arrivé à la France depuis dix ans.

    S’il gagne sur la question de la dette, Tsipras dessinera un nouveau futur aux peuples européens. En desserrant l’étau financier par sa demande d’un plan de financement sur trois ans et de rééchelonnement de la dette, il se donnera le temps de mettre en œuvre son programme et de respecter, jusqu’au bout, son mandat.

    Syriza est un espoir immense pour les peuples européens. Ne participons pas à la campagne de dénigrement qui vise des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

    Guillaume Etiévant, Secrétaire national du Parti de Gauche

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